3 minutes 9 mois

Trois ans après le lancement de l’opération USHUJAA contre les ADF, la persistance des massacres dans l’Est de la RDC alimente de vives critiques sur l’efficacité et la pertinence de cette coalition militaire.

Le 30 novembre 2021, Kinshasa et Kampala annonçaient en grande pompe l’opération conjointe USHUJAA, menée par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF). Objectif affiché : neutraliser les rebelles des Allied Democratic Forces (ADF), responsables de violences meurtrières depuis plus de deux décennies dans la région de Beni et au-delà.

Trois ans plus tard, le bilan reste controversé. Les communiqués officiels font état de plus de 540 rebelles tués, 50 capturés et 151 armes récupérées. Pourtant, la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée : les massacres continuent, les déplacements de populations s’amplifient, et les ADF poursuivent leurs incursions. Le massacre récent de 18 civils à Fotodu (Beni) et les 119 morts enregistrés à Lubero illustrent cette réalité dramatique.

Face à cette contradiction, certaines voix politiques dénoncent ce qu’elles considèrent comme un « échec flagrant ». Elles reprochent aux autorités de ne pas avoir mis en place de stratégie claire de protection des civils ni de plan de stabilisation durable. Le président ougandais Yoweri Museveni lui-même a reconnu que la persistance des ADF en RDC résulte en partie de « l’absence d’un État congolais fort » — une déclaration qui met en lumière les failles structurelles du pays.

Pendant ce temps, la communication officielle en RDC est critiquée : silence des institutions, absence de gestes symboliques en mémoire des victimes, et mise en avant d’activités protocolaires jugées déconnectées de la réalité du terrain.

Trois ans après son lancement, l’opération USHUJAA peine à convaincre. Entre bilans militaires impressionnants mais inefficacité sur le terrain, la population reste la grande perdante. La question demeure : cette coopération militaire est-elle une solution crédible ou un simple écran de fumée ?

Par Guershom Kasereka pour FACT-OGL

Partager cet article sur :