Le gouverneur sous bannière de l’AFC/M23 a dévoilé, mardi 2 septembre 2025, les premiers policiers formés par le mouvement. Ces éléments seront déployés dans les zones sous contrôle du groupe armé, avec pour mission de rétablir l’ordre et rassurer la population.

Au Sud-Kivu, la nouvelle police de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) vient d’être officiellement présentée. La cérémonie s’est tenue au cabinet du gouverneur de province, mardi 2 septembre 2025, en présence des responsables locaux du mouvement.
Ces policiers, formés et équipés par l’AFC/M23, seront déployés dans les zones sous contrôle du groupe armé, notamment à Bukavu et dans ses périphéries. Leur mission principale, selon les autorités, est de « rétablir l’ordre, protéger les populations et leurs biens, et instaurer un climat de paix ».
Lors de la présentation, le gouverneur a invité la population à collaborer avec cette nouvelle police, à dénoncer les actes de violence et à favoriser la cohésion sociale. Il a insisté sur la nécessité de bannir la haine et de renforcer l’unité, affirmant que la sécurité durable dépend de l’implication de tous.
La hiérarchie de cette nouvelle force a été dévoilée : le colonel Eboko Guillaume est nommé commandant de brigade, assisté du lieutenant-colonel Jacques Kapasi, chargé des opérations et du renseignement, et du capitaine Mbende Innocent, chef de service de brigade. Tous ont pour mission de sécuriser la ville de Bukavu et ses alentours.
Patrick Nshombo Busu Bwa Ngwi, cadre du mouvement, a souligné que cette initiative traduit la volonté de l’AFC/M23 d’instaurer « la paix, la dignité et la prospérité » au Sud-Kivu. Dans la foulée, les clés des bureaux de police nouvellement installés à Labotte, dans la commune d’Ibanda, ont été remises aux responsables. Les anciens policiers partis en formation ont, pour leur part, été déployés dans d’autres zones occupées par le mouvement.
L’autorité provinciale se félicite d’avoir démantelé les réseaux de banditisme actifs à Panzi et dans ses environs, tout en assurant que le processus de sécurisation se poursuivra dans toutes les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Toutefois, cette initiative soulève des interrogations sur la légitimité et la perception de cette nouvelle force par une population longtemps éprouvée par les cycles de violence armée.
Deborah Namegabe, pour FACT-OGL